les pieds de la femme dans la prière

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les pieds de la femme dans la prière

Message  *Nourelhouda* le Jeu 6 Sep - 10:35

La question
de savoir si la femme musulmane doit se couvrir les pieds fait l'objet
d'opinions divergentes parmi les savants musulmans :

A) Pour
Ash-Shâfi'î, Ahmad (d'après un des avis qui sont rapportés de lui), et
d'autres savants, les pieds de la femme font partie de ce qu'elle doit
recouvrir lorsqu'elle fait la prière (salât) – même s'il n'y a alors
personne –, ainsi que lorsqu'elle se trouve en présence d'hommes autres
que son mari et ses proches parents (mahârim).

B) Pour Abû
Hanîfa, Ath-Thawrî, Al-Muzanî, les pieds ne font pas partie de ce que
la femme est tenue de recouvrir, ni lorsqu'elle fait la prière, ni
lorsqu'elle se trouve en présence d'hommes autres que son mari et ses
proches parents.

C) Pour Ibn Taymiyya, la femme peut laisser ses
pieds découverts lorsqu'elle fait la prière. En revanche, elle doit
recouvrir ses pieds (tout comme son visage et ses mains) lorsqu'elle se
trouve en présence d'hommes autres que son mari et ses proches parents.



En
fait, cette question de savoir si la femme musulmane doit se couvrir
les pieds repose sur la question de savoir si, dans le verset coranique
"Qu'elles ne montrent de leurs parures que ce qui en paraît" (24/31),
les termes "ce qui en paraît" incluent les pieds en plus du visage et
des mains, ou pas. Or, il y a certes le Hadîth rapporté par Abû Dâoûd,
où le Prophète a dit à Asmâ' bint Abî Bakr qu'une femme pubère ne
devait [devant des hommes qui ne sont ni son mari ni ses proches
parents] ne laisser apparaître que son visage et ses mains. Cependant,
la chaîne de transmission en est faible (mursal).

Ceci fait que les savants ont développé des argumentations différentes à ce sujet :



A)
Ash-Shafi'î et Ahmad se sont basés sur les avis des Compagnons qui ont
commenté le verset coranique "Qu'elles ne montrent de leurs parures que
ce qui en paraît" (24/31) en disant que l'exception concerne le visage
et les mains. De plus, il y a un Hadîth où le Prophète, ayant interdit
de laisser traîner ses vêtements sur le sol, Umm Salama lui demande
comment les femmes devront faire, et il lui répond : "Elles laisseront
leur vêtement être un empan [plus long que celui des hommes]. – Mais
leurs pieds seront alors découverts ! dit Umm Salama. – Elles
laisseront leur vêtement être une coudée [plus long], pas plus" répond
le Prophète (rapporté par at-Tirmidhî, n° 1415). Tout ceci,
affirment-ils, corroborent le Hadîth rapporté par Abû Dâoûd à propos de
Asmâ', même si celui-ci possède une chaîne de transmission faible
(mursal).




B) Abû Hanîfa, Ath-Thawrî, Al-Muzanî se
sont pour leur part basés sur le propos de Aïcha disant que l'exception
présente dans le verset 24/30 concernait aussi bien le visage et les
mains que les pieds (propos cité dans Majmû'u fatâwâ Ibn Taymiyya, tome
22 pp. 114-115).
Quant au dialogue de Umm Salama avec le Prophète,
voici comment l'explique Abû Chuqqa, qui partage ici l'avis de Abû
Hanîfa : si, en apparence, il est dans ce dialogue question du fait que
la femme doit couvrir ses pieds, il y est, à bien regarder, question du
fait qu'elle doit veiller à ce que le bas de ses mollets ne se découvre
pas. En effet, les femmes, à l'époque, marchaient parfois pieds-nus ou
chaussées de sandales portées sans chaussettes. Et elles s'habillaient
de longs vêtements (izâr). Or, il ne fallait pas que, au moment de la
marche ou d'une autre activité, ce long vêtement couvre leurs pieds,
sinon elles s'y prendraient les pieds et tomberaient. Elles avaient
donc recours à une sorte de ceinture (nitâq) pour rehausser légèrement
ce vêtement. Cependant, il fallait bien que, au moment où elles étaient
immobiles et debout, ce vêtement recouvre leurs pieds. Au cas
contraire, si quand elles étaient immobiles ce vêtement laissait
apparaître leurs pieds, il laisserait apparaître le bas de leurs
mollets quand elles marcheraient (puisqu'elles devaient le rehausser
pour marcher). En effet, comme nous l'avons vu, toutes les femmes ne
portaient pas de chaussettes. C'est pourquoi Umm Salama a dit qu'elles
devaient se couvrir les pieds.
Abû Chuqqa rappelle également qu'un
dialogue voisin de celui de Umm Salama est rapporté, où quand le
Prophète dit : "Les femmes laisseront leur vêtement être un empan [plus
long que celui des hommes]", Aïcha lui fait ceci comme remarque : "Mais
leurs mollets seront alors découverts !". Et il répond : "Eh bien, une
coudée [plus long]" (rapporté par Ibn Mâja, n° 2884). Il est ici
question des mollets et non des pieds.
Ash-Shawkânî et Abû Hayyân
al-andalûsî, qui sont du même avis, en expliquent la justesse au niveau
rationnel par le fait que l'exception présente dans le verset 24/31
concerne ce que la femme est amenée à laisser découvert à l'extérieur
de chez elle : son visage parce qu'elle peut être amenée à témoigner...
ses mains parce qu'elle a besoin de prendre des choses… enfin ses pieds
parce qu'elle est amenée à marcher et que ses pieds demeurent alors
découverts.



C) Quant à Ibn Taymiyya, il est d'avis que
c'est l'opinion de Abû Hanîfa qui est la plus valable au niveau des
arguments ("huwa-l-aqwâ")… mais que cette opinion ne sera appliquée
qu'en ce qui concerne l'accomplissement de la prière (salât), la femme
n'ayant alors pas l'obligation de se couvrir le visage, les mains et
les pieds. Par contre, pour le moment où elle se trouve en présence
d'hommes qui ne sont ni son mari ni ses proches parents (mahârim), Ibn
Taymiyya est d'avis qu'elle doit alors se couvrir visage, mains et
pieds.
En fait, ce savant pense qu'il y a, en ce qui concerne la
femme, deux "'awra" : une "'awra" pour la prière, une autre lors de la
présence d'hommes.
Cependant, cet avis faisant apparaître deux
"'awra" n'est pas celui d'autres savants tels que As-Sarakhsî,
Al-Marghînânî, Al-Jassâs, At-Tabarî, Al-Baghawî, Al-qâdhî Ibn
al-'Arabî, Ibn Rushd… Tous ces savants disent que ce que la femme doit
revêtir ("'awra") pendant l'accomplissement de la prière (salât) – même
s'il n'y a alors personne – est la même chose que ce qu'elle doit
revêtir lorsqu'elle se trouve en présence d'hommes qui ne sont ni son
mari ni ses proches parents (mahârim) (cf. Tahrîr ul-mar'a, tome 4).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).



wa salam
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